LES FONCTIONS PSYCHIQUES

 

Dans le cadre de la Psychologie des Profondeurs, l'activité psychique peut être efficacement représentée par un nombre réduit de fonctions, statiques ou dynamiques.

 

Les fonctions statiques

Comme leur nom l'indique, elles sont fixées a priori et donc non modifiables :

L'Esprit : c'est la référence interne suprême, qui porte le Sens et délivre la Joie-de-vivre.

L'Intellect (logique) : c'est une référence interne à certaines lois de la Nature, qui s'impose impérativement, entre autres, dans la satisfaction de la valeur spirituelle de Vérité. Une émanation - indirecte - de l'intellect à l'état pur est la mathématique.

L'Instinct : il est un ensemble "d'adaptations préétablies" à l'environnement, incluant quelques actions de base. Par exemple : instinct de cri de faim et de tétée, instinct de chasse, ...

 

Les fonctions dynamiques

Comme leur nom l'indique, leur état varie au cours du temps.

Les pulsions : expressions de la force vitale, ce sont des tensions psychiques d'amplitude variable orientées vers des objets.

Les émotions : ce sont des ressentis purs d'amplitude variable associés à la situation de fait de l'individu vis-à-vis des fonctions statiques. Les émotions majeures sont la peur et la joie. On y classe aussi la tristesse, le dégoût, la surprise, la colère, ...

Les sens : ce sont les perceptions directes de l'environnement : vue, odorat, goût, ouïe et toucher.

La mémoire : elle permet de stocker en grande quantité, éventuellement en séquences, des représentations mentales de toutes les sensations (images, odeurs, saveurs, sons, touchers) et des émotions. Les fonctions dynamiques associées sont les fonctions de traduction, d'association - qui permet de relier des mémorisations entre elles, les liens étant eux-mêmes mémorisés -, de mise en mémoire et de restitution. En outre, la fonction de comparaison juxtapose à grande vitesse une sensation d'un type avec les mémorisations du même type, ou celles-ci entre-elles, et détecte les similitudes. Ceci s'étend aux séquences et associations.

L'imagination (au sens restreint) : elle manipule les représentations mentales mémorisées, y compris les séquences, en leur appliquant des déformations, par distorsion simple, ou par fusion avec d'autres. Le dessin animé de Tex Avery en est une nette illustration.

La fonction de stimulation interne : elle envoie des stimuli internes à l'Intellect et à l'Instinct - dont elle recueille le "verdict" -, aux pulsions et aux centres visuel, auditif et moteurs.

Le conscient : fonction dynamique centrale, elle peut mobiliser les autres fonctions dynamiques dans un but précis. Elle est donc synonyme d'activité psychique dirigée, de volonté.

 

Les fonctions dynamiques dérivées

Les fonctions de base précédente, mises en œuvre à plus ou moins grande vitesse, permettent toute activité de la psyché humaine. Parmi celles-ci, nous relèverons trois types de "pensée" (mode de fonctionnement du conscient) :

La pensée logique, déductive ou verticale (raisonnement) : c'est un mode de pensée qui fait un usage prédominant de la référence à l'Intellect. Elle est décomposatrice et par ailleurs assez pénible. Elle permet de dégager des modèles (relations de cause à effet) quasiment inaccessibles à la pensée analogique. Toutefois, elle est absolument limitée par les postulats, implicites ou explicites, fournis par la pensée analogique, qui constituent son socle et sans lesquels elle ne peut se développer. En outre, son sens se limite à la part de Vérité que recèle l'Intellect.

La pensée analogique, inductive ou horizontale (intuition) : c'est une pensée qui fait un usage prédominant de l'appel à la mémoire et à la fonction de comparaison associée (similitudes). Elle est globale et, par ailleurs, demande peu d'efforts. Pouvant inclure une part de "mémoire de l'Esprit", elle porte une charge proportionnelle de Sens.

La pensée projective ou créatrice (créativité) : c'est une pensée qui fait un usage prédominant de l'imagination.

 

Commentaires

* L'Esprit, qui correspond à un état d'harmonie de fait avec la Nature, n'est pas accessible directement intérieurement. En revanche, sa réponse à certaines actions peut être mémorisée, et cette mémorisation est accessible. Ceci est traduit par le fait que l'on peut agir, par référence à l'éthique, de telle façon et pas de telle autre parce que l'on sait la réponse, négative ou positive, qu'y apportera l'Esprit.

En revanche, l'Intellect est accessible directement, de même que l'Instinct.

* La conformité à l'Intellect ne représente qu'une fraction de la Valeur spirituelle de Vérité. C'est dire quelle erreur vitale est considérer que l'Intellect est potentiellement tout et peut tout.

* Si le côté "pur" - on peut être tenté de dire "instinctif" - des émotions en constitue l'élément clair et essentiel de définition, le contenu de l'ensemble n'est pourtant pas aisé à préciser.

On peut les assimiler à l'Instinct - mais avec un fonctionnement dynamique - et se borner à les répertorier avec plus ou moins de détail, ainsi que fait succinctement ci-dessus.

Mais aussi, la peur peut être rapprochée de la pulsion de défense. Si ce rapprochement est fait, les autres pulsions devraient avoir elles-aussi leur pendant émotionnel : la faim, la sensation de froid, l'attirance sexuelle, l'amour parental, etc...

La joie est l'émanation de l'Esprit. Son absence et contraire, le mal-être, devrait donc aussi être aussi considéré comme une émotion. Pour les émotions secondaires, la tristesse peut être rapprochée de l'inclination sociale et le dégoût, voire la surprise, assimilé à la peur. Quant à la colère, elle pourrait tout aussi bien être classée dans les sentiments, sa forme la plus pure étant la réponse d'attaque à une poussée de peur, tandis que sa forme la plus perverse est un refus nerveux d'admettre le fait.

* Le rire (sain) est une caractéristique de l'Homme assez particulière et fort intéressante. Son caractère spontané est tellement évident qu'il ne peut qu'être associé aux émotions. Il apparaît à l'examen comme une poussée brève de joie, liée surtout à la valeur spirituelle de Vérité. Fait rire, par exemple, une mise en évidence de facettes de l'Erreur humaine - la vanité, par exemple, défaut de vérité envers soi-même - par le côté libératoire, mais seulement passager, qu'elle procure. Tout décalage important entre la situation imaginée, ou l'intention, et la réalité tend aussi à déclencher le rire lorsqu'il est mis à jour (si ceci ne s'accompagne pas d'une émotion désagréable comme la peur).

* Les sentiments sont des opinions ou des ressentis qui n'ont pas le caractère "instinctif" des émotions. Ils résultent d'une simulation psychique, consciente ou non, qui peut inclure l'Erreur. L'angoisse, par exemple, est un fantôme de la peur d'origine psychologique perverse (pervers : qui relève de l'Erreur).

* Le conscient est à même d'accéder à l'Intellect et à l'Instinct, de même qu'il peut orienter l'activité des autres fonctions dynamiques. Celles-ci peuvent aussi fonctionner et s'associer sans lui.

L'activité consciente minimale est la capacité de l'individu à décrire ce qu'il fait, ou ressent, ou voit, ou entend, etc.... En effet, ce faisant, il dirige son activité psychique - traduction et expression, ici - sur un sujet précis. Le degré immédiatement supérieur consiste en ce que l'individu est capable de dire pourquoi il fait quelque chose, au moins au premier niveau, introduisant une première relation (hypothétique) de cause à effet et un objectif. Dans sa plus grande extension, le conscient fonctionne suivant les trois modes de pensée sus-cités et intègre entièrement la question du Sens, valeur de tout objectif.

Le conscient ne traite qu'une représentation mentale à la fois. Instantanément, son étendue est donc très limitée. Il peut cependant faire se succéder les traitements et les alterner, ainsi qu'en stocker en mémoire les résultats. On peut appeler "domaine conscient" l'ensemble des activités habituellement dirigées par le conscient.

* Sont couramment appelés "intellectuels" des individus qui s'emploient en fait à manier un mélange de pensée logique, de pensée analogique et plus ou moins de pensée projective. Ce mode de fonctionnement conscient, qui est celui de la Psychologie des Profondeurs - qui s'impose par ailleurs la conformité à l'expérience - est potentiellement le plus efficace (vers plus de Sens). Mal guidé, cependant, en particulier par l'absence de souci de vérification expérimentale, il peut conduire, sous une apparence logique, à de simples contrevérités.

Notons que les plus grands physiciens ont utilisé cette forme mixte de pensée, la part "analogique" étant parfois appelée "sens physique". Il est impossible à un individu ne faisant que des opérations mathématiques de produire grand chose en Physique. Même en Mathématique, il est parfois bon de faire appel à la pensée analogique, afin d'anticiper les prolongements possibles, avant d'exprimer la logique pure de la démonstration.

* Sur, entre autres, la limitation absolue que fixent au raisonnement mathématique les postulats explicites ou implicites de départ, on pourra lire avec profit les ouvrages du grand savant pluridisciplinaire Henri Poincaré : "La Science et l'Hypothèse" et "La Valeur de la Science". Flammarion. Collection Champs.

 

Théorie

Sommaire